Né à Án o Panagkia, près de Páfos, dans une famille paysanne, le jeune Mikhaíl Khristódhoulos Mouskos ne peut faire des études que grâce à l'assistance d'un monastère. Après des études secondaires à Nicosie, il est, en 1938, ordonné diacre de l'Église orthodoxe grecque. De 1938 à 1943, il étudie le droit et la théologie à Athènes et assure des prédications dans une église du Pirée. Ordonné prêtre en 1946 — il reçoit le nom de Makarios (Bienheureux) —, il poursuit avec l'aide du Conseil mondial des Églises ses études à Boston (1946-1948). À son retour, il est nommé évêque de Kition (Kéti) et dès lors participe activement au mouvement des Chypriotes grecs revendiquant le rattachement de leur île à la Grèce. Élu en 1950 archevêque de Chypre, il devient également « ethnarque » — c'est-à-dire chef — de la communauté grecque orthodoxe de l'île ; attribuée par l'administration ottomane aux chefs des communautés religieuses de l'Empire, la charge comportait à la fois, outre l'exercice de pouvoirs temporels, des pouvoirs administratifs, économiques et fiscaux, ainsi que des responsabilités en matière d'éducation, de représentation politique et même d'organisation militaire. L'Église de Chypre étant autocéphale, Makarios avait droit au titre de chef de la communauté orthodoxe et pouvait, par sa position, influer grandement sur le devenir politique de l'île. La population grecque de Chypre ayant demandé huit mois plus tôt par plébiscite l'union à la Grèce, l'Enôsis, Makarios se fait leader de ce mouvement nationaliste et parcourt les pays occidentaux pour faire connaître et confirmer les justes raisons de la revendication des Chypriotes ; l'administration britannique feint d'ignorer la demande, puis en 1955-1956 laisse le gouverneur de Chypre, sir John Harding, engager des négociations avec Makarios et, pour couper court aux manifestations populaires, déporte en 1956 Mgr Makarios aux îles Seychelles. L'action terroriste de l'E.O.K.A. (Organisation nationale des combattants chypriotes), créée en 1955 par le colonel […]
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