4. Nouveaux voyages
La déception provoquée par Rousslan et Loudmilla incite Glinka à voyager : en juin 1844, il arrive à Paris, où il resserre les liens avec Berlioz, dont le génie d'orchestrateur l'influencera beaucoup. En mai 1845, on le trouve en Espagne, où, toujours sous l'influence de Berlioz, il compose un Capriccio brillante sur la Jota Aragonesa, encore appelé Ouverture espagnole no 1, œuvre spectaculaire qui utilise la jota aragonaise comme matériau de base. En juin 1847, il retourne en Russie, mais l'atmosphère de Smolensk en hiver ne lui réussit guère, et il part à nouveau. Il passe une année entière à Varsovie, en écrivant deux œuvres orchestrales majeures, la Seconde Ouverture espagnole (« Souvenir d'une nuit d'été à Madrid »), d'une forme très libre, et surtout La Kamarinskaïa, où il élabore une technique de juxtaposition et de variations autour de deux thèmes populaires russes qui en fera une de ses œuvres les plus abouties, et une des plus importantes pour la postérité musicale russe. Il continue à écrire de nombreuses mélodies où cette fois – Varsovie oblige – l'influence de Chopin se fait clairement sentir. Entre 1848 et 1852, il passe son temps entre la Russie et la Pologne (qui à l'époque fait partie de l'Empire), pour reprendre en 1852 le chemin de Paris. Son état de santé s'aggrave, il ne compose plus guère, et mène une vie paisible, loin des salons. La guerre de Crimée l'oblige à rentrer à Saint-Pétersbourg. Sa vie créatrice est pratiquement terminée : il étudie la musique des autres, écrit ses mémoires, tente de reconstituer ses œuvres perdues. Un dernier sursaut le mène à Berlin, où il veut étudier la polyphonie de la Renaissance : c'est là qu'il mourra des suites d'un refroidissement, le 15 février 1857. Le premier enterrement eut lieu à Berlin, après quoi le corps fut exhumé et transporté à Saint-Pétersbourg.
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