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GLINKA MIKHAÏL IVANOVITCH (1804-1857)

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« Père de la musique russe », auteur des deux premiers opéras qui n'ont jamais quitté le répertoire national, Glinka fut aussi le compositeur le plus ouvertement « occidental » de son pays ; il puisa très largement son inspiration dans le langage musical italien, en particulier. On peut considérer son œuvre comme un séduisant patchwork d'influences étrangères et nationales, mais un examen plus attentif révèle une forte personnalité qui marqua profondément plusieurs générations de musiciens russes, jusqu'à Stravinski, et qui continue d'exercer une certaine influence.

1.  Les jeunes années

Issu d'une famille de grands propriétaires terriens, Mikhaïl Ivanovitch Glinka naît le 20 mai (1er juin nouveau style) 1804 à Novospasskoïé, près de Smolensk. Il passe sa petite enfance chez sa grand-mère paternelle, où il s'imprègne profondément des chants paysans, au style particulier et à l'harmonie audacieuse. À l'âge de six ans, il revient dans la maison de ses parents, où d'autres musiques lui sont révélées. Il va approfondir ses connaissances générales à partir de 1817, lorsqu'il est envoyé dans une institution de Saint-Pétersbourg. Son éducation musicale demeure pourtant fort erratique et, malgré des contacts avec quelques autorités reconnues (trois leçons de piano auprès du pianiste et compositeur irlandais John Field, rencontre avec Johann Nepomuk Hummel), il demeurera longtemps un dilettante. En 1823, après un séjour « romantique » dans le Caucase, il retourne dans son village natal, où il s'exerce à diriger l'orchestre privé de son oncle, qui interprète les œuvres des grands classiques, Haydn, Mozart, et même Beethoven. Un bref passage à Saint-Pétersbourg, où il s'adonne à une vie de salon, oisive et superficielle, est interrompu en 1825 par l'insurrection des décembristes. Glinka, indifférent à tout ce qui touche à la politique, fuit à la campagne. Durant ces années, si son éducation musicale au sens propre progresse peu, sa connaissance du répertoire s'élargit et sa fascination à l'égard de […]

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