4. La direction des « Annales » et les dernières années
Après la mort de Nékrassov en décembre 1877, Saltykov dirigea la revue Annales de la Patrie et lui consacra le meilleur de son temps et de ses forces. Cependant, il publie encore une étude sur le remplacement des hobereaux ruinés par de nouveaux propriétaires issus de la paysannerie dans Asile Mon Repos (Ubežišče Monrepo, 1878-1879), refuse pour la Russie l'embourgeoisement qui envahit l'Europe et particulièrement l'Allemagne dans À l'étranger (Za rubežom, 1880-1881) ; il termine son œuvre avec les Futilités de la vie (Meloči žizni, 1886-1887) qui accaparent l'homme et le détournent des vraies questions, et ce Pochékhonié d'autrefois (Pošekhonskaja starina, 1887-1889), évocation ambiguë d'un monde disparu que ses sombres couleurs ne privent pas de tout charme.
Sa revue interdite depuis avril 1884, Saltykov traîna péniblement dans la maladie et l'amertume ses cinq dernières années. Après une éclipse dans sa renommée, il figure depuis 1905 parmi les classiques russes, au même titre que Herzen ou N. Tchernychevski, et étend sans cesse son audience dans un Occident qui l'a longtemps méconnu.
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