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VÖRÖSMARTY MIHÁLY (1800-1855)

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2.  Au service de la nation (1830-1848)

Cependant, Vörösmarty, vers sa trentième année, de nouveau se sait utile. Des tâches et des honneurs l'attendent : il devient membre de l'Académie, dirige une revue littéraire, participe à l'élaboration de grammaires et de dictionnaires, suit en critique avisé l'activité du premier théâtre en langue hongroise, ouvert en 1837 à Budapest. Et par diverses pièces, œuvres de poète, inspiré par Shakespeare, Hugo et le romantisme allemand, plutôt que de véritable dramaturge, il essaie d'asseoir les bases d'une littérature dramatique nationale : A bujdosók, 1833 (Les Sans-Patrie), Vérnász, 1833 (Noces sanglantes), Marót bàn, 1838 (Le Palatin Marót), Czillei et les Hunyadi (1844).

Dès lors, il tente de concilier son tempérament poétique avec ses devoirs civiques, apaise ses tourments dans un patriotisme dignement assumé, et façonne son image sur l'idéal du barde national. Image noble du reste, dont les composantes sont généreusement complémentaires : au stoïcisme romain et aux vertus nobiliaires répondent une conviction démocratique et libérale, l'héroïsme des travaux quotidiens et la foi, peut-être maçonnique, dans le progrès non seulement de la nation mais de l'humanité entière, foi pourtant mise en doute sans cesse par un pessimisme lancinant. Pendant plus de trois lustres, l'activité poétique de Vörösmarty reflète donc, en faisant alterner l'exaltation et le déchirement, les changements intervenus dans la vie publique ; son art est optimiste et serein autour de 1840, dans un moment favorable à l'opposition nationale et progressiste, tourmenté ou tragique en revanche quand il scrute, par exemple, les douloureux événements de Pologne : Az élő szobor, 1840 (La Statue vivante), Az emberek, 1846 (Les Hommes). Il sait aussi adapter les genres aux circonstances en donnant, tout à tour, des épigrammes morales (vers 1832), des odes altières – Szózat, 1836 (Exhortation), À Ferenc Liszt (1840) –, des chansons à boire, des monologues, des méditations philosophiques – Gondolatok a könyvtárban, 1844 (Pensées dans une bibliothèque) –, voire quelques élégies où se reflète l'amour d'un homme déjà sur le déclin pour une jeune épouse – Késő vágy, 1838 (Désir tardif), Ábránd, 1843 (Rêverie).

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Écrit par :  Jean BÉRENGERLorant CZIGANYAlbert GYERGYAIPierre KENDEEdith LHOMELMarie-Claude MAURELFridrun RINNER Universalis

Dans le chapitre "Trois prospecteurs de génie"  : …  règnent successivement pendant plus d'un demi-siècle sur le cœur et l'esprit des lecteurs hongrois. *Mihály Vörösmarty (1800-1855) est l'auteur de poèmes lyriques et épiques dont la musique et le fonds spirituel peuvent se comparer aux chants de Hugo, de Vigny, de Shelley et de Hölderlin ; son Appel (Szózat) au peuple hongrois,… Lire la suite

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