En Vörösmarty, poète et dramaturge hongrois, s'incarnent, d'une façon exemplaire, les tensions et les contradictions du romantisme magyar qui coïncide, sur le plan historique, avec une époque de réformisme social et d'effervescence nationale. L'esprit du temps imposera à Vörösmarty le rôle du barde national, à qui incombent l'évocation d'un passé exemplaire glorieux et l'exaltation des devoirs civiques et patriotiques. Mais le poète, inspiré, visionnaire, hanté par ses démons secrets, transfigure plus d'une fois les genres appris et les sujets assumés ; le mythe éclôt au sein de la narration épique, le sublime s'installe dans les odes patriotiques et moralisantes ; on dirait alors qu'un Hölderlin moins métaphysique donne la main à un Hugo plus concis et plus pessimiste.
1. Homère et Ossian (1815-1830)
De par […]


