5. Le parvis de l'âme roumaine
L'œuvre de Sadoveanu, immense et abondamment traduite, peut passer à bon droit pour la meilleure des introductions à ce que les Roumains appellent le « spécifique national ». La bibliothèque entière qu'offre Sadoveanu à ses lecteurs, c'est la Roumanie passée et présente, à peine noircie quand il s'agit de la vie quotidienne urbaine, mais le faubourg et la petite ville de province ne sont pas les lieux où se conserve l'âme roumaine dans sa mystérieuse mélancolie et sa rudesse. Ce sont plutôt les hauts chemins du pays, parcourus par les bergers, la salle de ferme ou de cabaret où se racontent, à la veillée, des légendes fantastiques et se chantent des romances, des doïne, d'épopée ou d'amour. Ce sont les abris, au bord des marécages, où le chasseur Sadoveanu guette le vol des canards en écoutant les récits d'un vieux berger, son compagnon, son confident, récits qui sont les communs souvenirs de tout un peuple.
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