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SADOVEANU MIHAIL (1880-1961)

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2.  Les drames de l'agglomération

Il semble que l'on puisse grouper sous le nom d'« études naturalistes » une série de nouvelles ou de romans qui dépeignent la misère physique et morale de personnages condamnés à la déchéance dans les villes de province. Les titres de ces diverses œuvres sont pour la plupart révélateurs du climat spirituel que Sadoveanu veut créer : Dureri înnǎbuşite (Douleurs étouffées, 1904), Floare ofilitǎ (Fleur fanée, 1906), Apa morţilor (L'Eau des morts, 1911), Locul unde nu s-a întîmplat nimic (L'Endroit où il ne s'est rien passé, 1933). Même ambiance dans les récits : Balta liniştii (Le Marais du repos) ou O zi ca altele (Un jour comme tant d'autres). La dédicace de Fleur fanée s'adresse expressément aux « petits fonctionnaires de province ». L'auteur leur voue son livre, « monotone comme la vie qu'il renferme ». Monotone, en effet, l'existence du fonctionnaire dont on lit les heurs et malheurs dans Insemmǎrile lui Neculea Manea, 1907 (Les Remarques de Nicolas Manea). Paysan pauvre devenu professeur, amoureux d'une jeune fille qui épouse un autre homme, puis marié, père d'un enfant – sa femme et son enfant meurent –, muté dans un lycée en proie aux disputes et aux cabales, entouré de collègues haineux ou médiocres dont l'un sombre dans l'ivrognerie et la décrépitude, Manea éprouve jusqu'au dégoût la plate ignominie de l'univers qui l'entoure. Sadoveanu excelle à nous montrer les humiliés et les offensés qui le sont plus par leur condition de provinciaux que par la société elle-même. Du creux de l'abîme, ils se redressent parfois et se révoltent, telle Haia Sanis, l'héroïne de la nouvelle qui porte son nom – le meilleur récit, peut-être, de tout le cycle. Petite juive de Mahala, qui est un faubourg populeux, Haia est amoureuse d'un bellâtre et lutte contre son entourage pour sauver son amour, mais le bellâtre part pour l'armée et l'abandonne. Haia meurt dans d'affreuses souffrances, en accouchant.

Misérabilisme, dira-t-on, influence de Dostoïevski et du réalisme, peinture aussi d'un milieu vrai et d'une société en crise. Sadoveanu, pourtant, n'a rien du propagandiste social. Il dénonce tout simplement les méfaits de l'agglomération – le mot devant être pris non seulement dans le sens que lui donnent les urbanistes, mais dans celui, plus général, de la concentration d'êtres humains en un même lieu. Sadoveanu est un pessimiste du groupe, des collectivités.

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Écrit par :  Mihai BERZACatherine DURANDINAlain GUILLERMOUGustav INEICHENEdith LHOMELPhilippe LOUBIÈRERobert PHILIPPOT UniversalisValentin VIVIER

Dans le chapitre "Littérature et révolution"  : …  écrivains de la génération d'avant guerre prêtent leur plume à la révolution : le romancier *Mihail Sadoveanu (1880-1961), qui avait produit une œuvre importante dans les années 1930 avec Hanu AncuteiZodia CanceruluiBaltagul..., réécrit après la guerre la grande œuvre de ses débuts, Soimii. Il sera… Lire la suite

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