6. « Des morceaux d'âme... »
Essayiste, romancier, dramaturge, ou bien professeur, philosophe, politicien, Unamuno ne se serait jamais reconnu entièrement sous aucune de ces dénominations. « Non ! s'écrie-t-il. Moi je n'ai jamais été qu'un poète ; c'est-à-dire rien de moins qu'un poète. » Le souffle lyrique qui entraîne tous ses écrits inspire aussi plus directement, depuis les Poesías de 1907, une œuvre poétique abondante où l'on trouve sans aucun doute le plus pur de son génie (Rosario de sonetos líricos, 1911 ; El Cristo de Velázquez, 1920 ; Teresa, 1924 ; De Fuerteventura a París, 1925 ; Romancero del destierro, 1928). L'admirable Cancionero posthume (1953), long poème de plus de mille sept cents strophes, journal poétique d'une vie, est le commentaire brûlant des grands thèmes métaphysiques ou existentiels qu'Unamuno avait toujours voulu passionnément faire partager à ses semblables :
[…]Ici je vous laisse mon âme, Livre, homme, monde véritable ; Quand tout entier tu vibreras, C'est moi, lecteur, qui vibre en toi.
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