2. « La vérité n'est pas ce qui nous fait penser, mais ce qui nous fait vivre. »
L'œuvre, le destin, la renommée d'Unamuno trouvent leur source dans l'inquiétude existentielle et l'appétit d'éternité qui n'ont jamais cessé de le tourmenter. « Il faut semer chez les hommes, disait-il, des germes de doute, de méfiance, d'inquiétude [...]. Et surtout et avant tout, pas question de vivre en paix avec tout le monde [...]. Je ne veux vivre en paix ni avec les autres ni avec moi-même. J'ai besoin de guerre, de guerre en mon for intérieur ; nous avons besoin de guerre. » Cette humeur batailleuse marque tous ses écrits. À cela il faut joindre une immense culture, une pensée spontanément originale, souvent paradoxale, un amour profond de l'Espagne, et, enfin, une confiance innée dans le langage, ou plus exactement dans la parole qui est pour lui œuvre de vie. « La parole est œuvre, l'œuvre la plus intime, la plus créatrice, la plus divine des œuvres. Quand la parole est parole de vérité. » Et il ajoute : « L'homme est homme par la parole. » C'est bien, en effet, la passion du verbe et de la vérité qui donne son unité à une œuvre multiple où se poursuivent, sous différentes modalités la même exhortation à vivre dans plus de conscience. Le style, à l'image de l'homme, est sans concession à la forme, âpre, nerveux, direct. Il s'agit de trouver « l'âme derrière la chair ».
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