4. Le paladin du Verbe
Le séjour à Buenos Aires où il s'est réfugié à la chute d'Arbenz Guzmán est ponctué de voyages au cours desquels Asturias a pu visiter son propre continent et découvrir l'Inde, la Chine et l'Union soviétique. Pendant cette période, il déploie une intense activité de conférencier et de chroniqueur. Ses prises de position contre la politique de l'Alliance pour le progrès et son adhésion à la cause du castrisme lui valurent d'être expulsé d'Argentine en 1962. Il se tourne alors vers la France, qui l'accueille à nouveau. De passage à Bucarest, il rapporte un essai, Roumanie d'aujourd'hui, puis il demeure à Gênes où il s'associe aux travaux du Columbianum, gagne Moscou pour y recevoir le prix Lénine et rejoint Paris où il a la surprise d'être nommé ambassadeur par le gouvernement Méndez Montenegro. Lauréat du prix Nobel, Asturias organise en 1967, à l'initiative d'André Malraux, une exposition d'art maya présentée au Grand Palais et reçoit, en 1968, l'hommage de la Sorbonne. Il participe encore au Congrès de la paix d'Helsinki et, l'année même de sa mort, au colloque de Dakar sur le thème « Négritude et Amérique latine », avant d'ouvrir à Séville l'année lascasienne. En dépit de ses obligations officielles et du mal qui le ronge, l'écrivain sera, jusqu'au dernier jour, d'une fécondité exceptionnelle.
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