4. Importance écologique des migrations
Les migrations ont de nombreuses implications écologiques et permettent l'utilisation optimale des ressources de certains habitats, qui sans l'existence de populations fluctuantes demeureraient inexploitées. Leur cycle est étroitement adapté à celui des écosystèmes présentant d'amples fluctuations de la productivité. Les populations migratrices mettent à profit les « pics », puis évacuent l'habitat quand la biomasse consommable diminue. Au sein d'une même communauté, elles ne concernent que les animaux se trouvant aux niveaux trophiques sujets à des fluctuations importantes.
Ces constatations s'appliquent à la zone de reproduction et aussi aux quartiers d'hiver. Les populations migratrices profitent d'une capacité limite d'un niveau supérieur au moment où elles séjournent dans une région déterminée, par suite d'une productivité saisonnière plus élevée ; puis elles la quittent quand la biomasse consommable régresse et que s'installe une période de disette, pouvant aller jusqu'à la disparition totale de la nourriture convenant à un type donné d'animal dans une région déterminée.
Les corrélations entre la productivité et les déplacements migratoires sont particulièrement apparentes dans le cas des oiseaux migrant des régions arctiques aux savanes tropicales. Dans l'Arctique, la productivité végétale et animale est très élevée pendant une courte période estivale ; canards et limicoles en profitent pour nicher. À l'arrivée de l'hiver, précoce aux hautes latitudes, les oiseaux migrent vers le sud et vont hiverner dans les savanes africaines, du Sénégal au Soudan. Les pluies estivales y ont créé des conditions très favorables aux oiseaux aquatiques qui s'y réfugient en troupes nombreuses, se déplaçant en fonction des modifications écologiques entraînées par le retrait des eaux. Ces migrateurs repartent au printemps quand la sécheresse a rendu l'habitat défavorable ; mais leur aire de reproduction ne tardera pas à s'ouvrir à nouveau à eux. Des con […]
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