3. Justice et éthique
Etant donné qu'il existe une infinité d'optimums de Pareto qui ne peuvent – par définition – être comparés entre eux, une branche de l'économie du bien-être s'est penchée sur les critères d'ordre supérieur qui peuvent être utilisés pour les départager.
• Le critère égalitariste
La doctrine éthique appelée utilitarisme – dont se réclament notamment Adam Smith, Jeremy Bentham, John Stuart Mill − retient le critère du bien-être collectif, et procède à des comparaisons interpersonnelles de bien-être (ou d'utilité). Une façon de faire, qui remonte au moins à Bentham, considère tous les hommes identiques du point de vue de l'utilité, le bien-être collectif étant conçu comme la somme des bien-être individuels. Cette somme est maximale lorsque la répartition des ressources est strictement égalitaire, du moins si on suppose que le bien-être individuel augmente de plus en plus lentement avec la quantité consommée, ce qui semble raisonnable. En effet, dans ce cas, tant que la répartition des ressources est inégalitaire le bonheur collectif peut être augmenté en prélevant un peu de ses ressources au plus riche pour les donner au plus pauvre. Et ce, ainsi de suite, jusqu'à ce que tout le monde soit sur le même plan. À cet argument en faveur de l'égalitarisme, on peut cependant en opposer un autre : la redistribution des revenus a un effet négatif sur les incitations − ceux sur lesquels les prélèvements sont faits mettront moins d'ardeur au travail, ce qui finalement peut avoir un effet négatif sur le bien-être collectif (la « taille du gâteau » à partager étant moindre que s'il n'y avait pas eu redistribution). À ce propos, on dit parfois qu'il y a dilemme entre équité et efficacité.
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