2. Le dynamisme de l'homme-microcosme
Les philosophies antiques et médiévales en restaient au schéma de l'analogie et de la correspondance. Les philosophies de la Renaissance remplacent la notion d'image par celle de centre de forces. Et il s'agit alors pour l'homme-microcosme de conquérir la nature et l'immortalité, en s'imposant par ses œuvres et sa gloire.
À la jonction du Moyen Âge et de la Renaissance, Nicolas de Cues (1401-1464) transforme la manière d'envisager les rapports de l'homme et du cosmos. Utilisant une dialectique très subtile de l'enroulement et du déroulement, il expose la différence entre Dieu infini parfait et l'univers infini déroulé dans le temps et dans l'espace, donc moins parfait. Pour la première fois, et pour des raisons purement spéculatives, l'existence d'un univers illimité est posée. Les vieilles hiérarchies cosmologiques disparaissent au profit de l'homogénéité de l'univers. Il en résulte alors que « tout est dans tout » et que « Dieu est en toute chose, comme les choses sont en lui ». Même affaiblie, l'unité primordiale se retrouve en l'homme et, pour cette raison, il est juste de lui donner le nom de microcosme. Mais Nicolas de Cues va plus loin et il développe toute une théorie de la pensée et de l'activité humaines qui l'amène à interpréter la notion de microcosme dans un sens dynamique. « Or c'est précisément la nature humaine, élevée au-dessus de toutes les œuvres divines et à peine inférieure à celle des anges, qui, embrassant en elle les natures intellectuelles et sensibles, et résumant l'univers entier en soi, a été appelée avec raison par les Anciens microcosme ou monde en miniature. C'est donc elle qui, à condition d'être élevée jusqu'à l'union avec la maximité, pourrait constituer la plénitude de toutes les perfections de l'univers et de chacun des êtres qui le constituent, de façon qu'il puisse atteindre dans l'humanité à la limite suprême de soi » (De la docte ignorance, III, trad. M. de Gandillac, Paris, 1930). Ici apparaît […]
… pour nos abonnés, l'article se prolonge sur 6 pages…



