Membre d'une famille d'architectes véronais, élève de Falconetto et de Sansovino, Sanmicheli effectue un long séjour à Rome, vers 1500, pour étudier les monuments antiques ; il fréquente le cercle de Bramante et des Sangallo, puis entre au service du pape. Envoyé avec Antonio le Jeune à Orvieto, il travaille ensuite au dôme de Montefiasconne, puis à Pavie et à Plaisance. De là, Sanmicheli rejoint la Vénétie, où on le charge de travaux d'architecture militaire (bastions de San Bernardino et de San Zeno à Vérone, 1520). Ses procédés sont ceux du Siennois Francesco di Giorgio, mais c'est à lui, semble-t-il, qu'on doit la conception du bastion angulaire (1527). Sanmicheli est sans doute le premier à avoir dessiné des portes de villes dont le caractère défensif ne soit pas la marque essentielle (Porta San Giorgio, 1525, Porta Palio, 1542-1557, Porta San Zeno, à Vérone, 1541). Il exécute par la suite des fortifications à Legnano, Brescia, Bergame, Padoue, Venise (plan du fort Saint-André au Lido) et Zara (1541).
Photographie
Palais Grimani, Venise Façade du palais Grimani, Venise. Architecte : Michele Sanmicheli.
Crédits: Francesco Turio Bohm, The Bridgeman Art Library Consulter
Sanmicheli poursuit parallèlement ses travaux d'architecture civile et religieuse, à Vérone surtout, où son activité peut être comparée à celle que Palladio accomplit à Vicence : chapelle Pellegrini dans l'église San Bernardino (1538-1557), aux formes très pures ; Madona di Campagna, achevée par Brugnoli ; les palais Canossa (1530-1537), Bevilacqua et Pompei (1530). À Venise, il construit le palais Corner-Mocenigo (1541), et à Rongo, le palais Roncalli (1555), enfin, près de Castelfranco, la villa Soranza.
Ces réalisations font de Sanmicheli l'un des initiateurs de l'architecture classique en Vénétie. Il tempère la rigidité du style romain par l'élégance des proportions. Certaines des œuvres furent achevées par son neveu, Gian-Girolamo Sanmicheli.
Renée PLOUIN
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