Michel Roux-Spitz occupe une place centrale dans le débat architectural français entre 1925 et 1950. Partisan et artisan d'une modernité qui ne renie ni les leçons de l'histoire ni la mutation des techniques constructives, il se pose en héraut d'une architecture spécifiquement française, héritière du rationalisme tout autant que du classicisme.
Né en 1888 à Lyon, élève de l'atelier Redont-Recoura à l'École des beaux-arts de Paris, Michel Roux-Spitz obtient le grand prix de Rome en 1920. Ses premières constructions lyonnaises (école et dispensaire dentaire, salle des fêtes de la Croix-Rousse, 1924-1929) témoignent de la forte influence de son maître local Tony Garnier, mais aussi d'Auguste Perret avec la nette affirmation de la structure en béton armé, les remplissages de briques ou encore l'utilisation des claustras. Toutefois, Roux-Spitz s'oriente rapidement vers une voie plus personnelle. Installé à Paris, il livre en 1925 un immeuble de rapport, rue Guynemer, dont la clarté des espaces et la finesse de l'écriture seront immédiatement reconnus : le bow-window à trois pans de la façade sur rue est repris par de nombreux architectes, Roux-Spitz développant lui-même ce dispositif, devenu un véritable type (quai d'Orsay, 1928-1931 ; boulevard du Montparnasse, 1930-1931 ; boulevard d'Inkermann à Neuilly, 1929-1931). L'immeuble Ford, boulevard des Italiens et, dans une moindre mesure, les ateliers d'artistes de la rue de la Cité-Universitaire (1931), montrent pour leur part les possibilités d'adaptation de la doctrine de Roux-Spitz à des programmes plus spécifiques.
Très présent dans le débat des années 1930, Roux-Spitz s'élève contre ce « nouveau formalisme » qu'incarne selon lui l'architecture de Le Corbusier et de ses disciples. En cela, il se rallie aux positions de Perret, dont il ne suit cependant pas entièrement les théories : peu soucieux de donner au béton armé la noblesse des matériaux traditionnels, Roux-Spitz recourt le plus souvent au plaquage de pierre, qu'il met en œuvre – […]
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