1. Musicien et activiste
L'itinéraire de Michel Portal défie constamment l'académisme : s'il est vrai qu'il obtint en 1959 le premier prix de clarinette du Conservatoire de Paris, puis le deuxième prix (premier prix non décerné) du concours international d’exécution musicale de Genève et le premier du Jubilé suisse (1963), et aussi du concours international de musique de Budapest (1965), cela ne l'empêcha nullement de jouer dans des orchestres de danse (Pérez Prado, Aimé Barelli...), après avoir pratiqué dès l'enfance les musiques populaires de son Pays basque (il est né à Bayonne le 25 novembre 1935). Les années 1960 le voient parcourir toutes les provinces de l'univers musical, au sens le plus large : des orchestres qui accompagnent les grands artistes de variétés à ceux qui divertissent le Lido ou les Folies-Bergères, il vit le « métier » du musicien, dans son prosaïsme et sa diversité. Mais il participe aussi aux orchestres de jazz, pour jouer les musiques de Pierre Michelot, Jef Gilson, Jean-Luc Ponty, Ivan Jullien ou André Hodeir... Parallèlement, il s'implique dans le free jazz dès que ce courant s'exprime sur la scène française, notamment aux côtés du pianiste François Tusques, du trompettiste Bernard Vitet, ou du batteur américain Sunny Murray. Il s'affirme, dans le même temps, comme l'interprète indispensable aux compositeurs contemporains, qui trouvent dans l’étonnante étendue de ses modes de jeu et dans son intelligence musicale le médiateur idéal sur ce difficile instrument qu'est la clarinette. Il suffira, pour éclairer ce rôle, de citer ses multiples participations à l'ensemble Musique vivante de Diego Masson, notamment pour Domaines, de Pierre Boulez, et sa collaboration avec de nombreux compositeurs comme Luciano Berio, Mauricio Kagel, Karlheinz Stockhausen, Vinko Globokar – qui lui dédie Ausstrahlungen (1971) –, Franco Donatoni – qui écrit pour lui Portal, pour clarinettes et orchestre (1995) –, ou Luc Ferrari – Portrait de Michel Portal, pour bande (« […]
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