L'homme force le respect et l'admiration. Atteint dès sa naissance par une ostéogenèse imparfaite – plus communément appelée maladie de Lobstein ou maladie des os de verre – qui stoppe très vite sa croissance et fragilise jusqu'à les briser chacun de ses os, Michel Petrucciani s'est jeté dans la musique pour y noyer la souffrance. Outre une renommée planétaire auprès d'un très vaste public, le piano lui a procuré de grandes joies, les seules qui puissent un instant effacer les difformités physiques, la douleur et ces échasses spéciales qu'il lui fallait chausser pour atteindre les pédales de son instrument. Il a été porté par la musique comme il l'était par ses amis pour entrer en scène.
Michel Petrucciani naît le 28 décembre 1962 à Orange, dans le Vaucluse. En dépit des ravages de la maladie, il étudie dès l'âge de quatre ans le piano classique, auquel il consacre huit ans de son enfance. Très vite, cependant, il se tourne vers le jazz et, vers douze ans, se produit en trio avec son père Antoine à la guitare et l'un de ses frères, Louis, à la contrebasse. Les grands de la profession – Kenny Clarke, qui le remarque en 1977, Clark Terry, qui l'entend jouer avec Bernard Luba […]
