Essayiste prolixe (plus d'une trentaine d'ouvrages), « phénomène éditorial », personnage médiatique bien qu'éloigné des cercles de l'intelligentsia parisienne, Michel Onfray a placé la pensée hédoniste au cœur de sa réflexion sur la philosophie. La publication de son Traité d'athéologie (2005), vendu à plus de 300 000 exemplaires, a suscité de vives réactions, à la fois de la part de ceux qui l'accompagnent dans son constat d'un univers trop préoccupé de Dieu et pas suffisamment des hommes, comme de ses détracteurs qui relèvent les approximations de son essai. En 2002, il a créé l'université libre et populaire de Caen, puis, en 2006, l'université populaire du goût, dont l'objet est d'apprendre à philosopher et non de se contenter d'engranger un savoir philosophique.
Né le 1er janvier 1959 à Argentan, Michel Onfray effectue sa scolarité dans un orphelinat agricole religieux, puis il entre à l'université de Caen. Il y entreprend un doctorat de philosophie sous la direction de Lucien Jerphagnon et décide en 1983 d'enseigner dans un lycée technique. Déçu par l'Éducation nationale, il démissionne en 2002 pour créer l'université populaire de Caen dont il publie en 2004 le manifeste, La Communauté philosophique, suivi en 2006 d'Une machine à porter la voix. Ce « contrat » engage le lecteur à vivre dans les « Jardins » d'Épicure plutôt que dans la « République » de Platon : « Dans la République, l'individu existe par la collectivité ; dans le Jardin, la communauté n'existe que par et pour l'individu ». Dans ce même ouvrage, il stigmatise les « nouveaux philosophes » qui « ont liquidé toute possibilité d'une gauche digne de ce nom ». Lors du référendum sur l'Europe en 2005, il se prononcera contre la signature du traité dans un texte intitulé « Contre la servitude volontaire » .
Aux systèmes, Michel Onfray préfère les individualités (Nietzsche, La Mettrie), les existences avec leurs forces et leurs intensités, leurs énergies. « J'aime la philosophie incarnée, vivante, de chair et d'os, engagée dans […]
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