Aîné d'une famille de sept enfants, Sedaine ne compte parmi ses ascendants que travailleurs, maîtres maçons, menuisiers ou serruriers. Son père, entrepreneur des Bâtiments du roi, se ruine et meurt de chagrin, le laissant chef de famille. Pour vivre, il se fait maçon ; Diderot nous dit que son ami « a gâché le plâtre et coupé la pierre trente-cinq ans de sa vie » et Sedaine lui-même se présente à ses contemporains comme « maçon poète ». Car il a le goût des lettres. Il publie des pièces poétiques d'un caractère franc et enjoué, comme l'Épître à mon habit, mais sa vocation le porte vers le théâtre : de 1756 à 1761, il écrit une suite de comédies à ariettes, Le Diable à quatre, Blaise et le savetier, etc., qui font de lui le roi, presque le créateur de l'opéra-comique. Il collabore avec des musiciens connus, Philidor, Monsigny, Grétry. En 1764, il donne Rose et Colas, paysannerie chère au xviiie siècle, pleine de fraîcheur et de conventions, qui était sa pièce préférée.
Puis il aborde la scène officielle de la Comédie-Française pour laquelle il écrit deux pièces : Le Philosophe sans le savoir(1765), drame bour […]
