Né le 28 juin 1927 dans une famille d'horticulteurs, Michel Guy est horticulteur lui-même de 1950 à 1970 tout en constituant une collection d'œuvres d'art qui réunit en particulier les peintres américains des années 1960 et Bram Van Velde. Georges Pompidou, son ami, qui a comme lui le goût de l'art contemporain, en fait son conseiller pour la modernisation de l'Élysée. Surtout, il va favoriser la création à Paris, par entente entre l'État et la Ville, d'un festival de très haute qualité, qui sera placé sous la direction de Michel Guy. Créé en 1972, le festival d'Automne est d'emblée pluridisciplinaire et ouvert à toutes les cultures. Michel Guy va en faire un grand événement artistique sur le plan international. Dès le début, on voit en lui un homme d'envergure, capable de régir au plus haut niveau la culture tout entière. Nommé en 1974 secrétaire d'État à la Culture dans le premier gouvernement Chirac, Michel Guy entre en politique. Il ne reste à ce poste que deux ans, assez pour infuser un sang neuf à la décentralisation théâtrale, notamment en augmentant sensiblement les subventions des centres dramatiques nationaux. Sans doute l'opération se fit-elle sans ménagement pour les exclus, la méthode de Guy étant plutôt celle d'un autocrate.
Reste que dans l'ensemble les nominations furent heureuses : Jean-Pierre Vincent à la direction du Théâtre national de Strasbourg et, dans les centres dramatiques nationaux, Daniel Benoin à Saint-Étienne, Gildas Bourdet à Tourcoing, Gironès à Lyon, Georges Lavaudant à Grenoble...
En 1976, Michel Guy revint à la direction du festival d'Automne, confié pendant l'intérim à Alain Crombecque. De plus en plus brillant, et devenu l'épicentre de l'art vivant, le festival est au seuil de sa dix-neuvième manifestation quand Michel Guy meurt un 30 juillet, le jour même où s'achevait le festival d'Avignon. Le goût de la politique et de l'action lui étant venu, il avait occupé auparavant plusieurs postes officiels : président de la Cinémathèque (1980-1981), vice-président de la chaîne de télévision la Sept à partir de 1987.
Michel Guy était fidèle à ses admirations et ses amitiés, et ceux que lui-même et ses collaboratrices – Joséphine Markovitz pour la musique, Marie Collin pour le théâtre – estimaient ont été à maintes reprises les invités du festival d'Automne : ainsi des compositeurs Boulez, Xenakis, Berio, des danseurs Merce Cunningham, Alvin Ailey, Trisha Brown, Twyla Tharp, des hommes de théâtre Bob Wilson, Kantor, Stein, Grüber, Zadek, Ronconi, Carmelo Bene, Lioubimov, Vassiliev... Autant de « consécrations » qui n'empêchaient en rien le soutien à de jeunes metteurs en scène, tels que Jérôme Deschamps, Catherine Anne, Wladyslaw Znorko, et l'attention portée aux musiques populaires de Bali ou aux spectacles d'aborigènes australiens.
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