Issu d'une famille de la classe sénatoriale, Cérulaire est attiré par la politique. On lui prête même des visées impériales. À la suite de l'échec d'un complot contre Michel IV (1040), il se fait moine. En 1043, par la faveur de Constantin IX Monomaque, il est élu patriarche, tenant ainsi la revanche de ses premières ambitions. Porté par une suite d'événements propices, il se conduira en seul maître de son Église et il il rêvera d'être le premier dans l'Empire.
Les possessions byzantines d'Italie sont en péril. L'empereur trouverait son intérêt à rallier la coalition antinormande soutenue par le pape Léon IX. Cérulaire pressent que cette collusion passera par un compromis religieux dont son prestige ne pourra que souffrir. Il mine le projet (1052-1053) : à Constantinople, en fermant les lieux de culte des Latins ; en Italie, en faisant adresser par l'archevêque d'Ochrida, Léon, à l'évêque romano-byzantin de Trani, Jean, un réquisitoire contre les déviations disciplinaires et liturgiques de Rome. Le patriarche, dans ses calculs, a supposé que la lettre arriverait au pape ; il ne s'est pas trompé. L'entourage de Léon IX rédige une réponse cinglante, qui ne partira pas. La si […]
