Avec Britten, Tippett est le grand artisan du renouveau de la musique britannique au cours de la seconde moitié du xxe siècle, particulièrement dans le domaine lyrique, où ses créations ont fait le tour du monde.
1. Un homme de notre temps
Né à Londres le 2 janvier 1905, Michael Kemp Tippett étudie la composition avec Charles Wood et Charles Herbert Kitson au Royal College of Music de Londres (1923-1928) puis se perfectionne avec R. O. Morris (1930-1932). Il travaille également le piano avec Aubyn Raymar et la direction d'orchestre avec Adrian Boult. Sa première œuvre officielle, le Concerto pour double orchestre à cordes, ne date que de 1938-1939. Entre 1940 et 1951, il est directeur de la musique au Morley College, à Londres, où il dirige l'orchestre depuis 1933. Dans son oratorio A Child of our Time (1939-1941), il se révèle comme un compositeur engagé, en l'occurrence contre les atrocités des nazis. Il évoque, dans cette œuvre, l'assassinat d'un diplomate allemand à Paris par un enfant juif et ses suites dramatiques. Tippett est un pacifiste convaincu, mais il proclame aussi volontiers son athéisme. Ce besoin de témoigner le pousse à refuser de servir dans l'armée britannique pendant la Seconde Guerre mondiale. Il paye son statut d'objecteur de conscience de trois mois de prison.
À la fin des hostilités, il adopte une position plus conciliante et devient, au fil des années, une des personnalités de l'establishment musical britannique : producteur à la B.B.C. à partir de 1951, directeur du festival de Bath entre 1969 et 1974, il est anobli en 1966. Il est invité à enseigner ou à donner des conférences dans plusieurs universités américaines à partir de 1965. Sa musique est jouée dans le monde entier mais la France ne commence à s'intéresser à lui qu'au milieu des années 1980, lors des célébrations de son quatre-vingtième anniversaire. On découvre alors un créateur profondément lyrique, nourri d'une culture diversifiée, un véritable humaniste qui écrit lui-même ses propres livrets d'opéra, marqué par le jaz […]
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