Fils d'un pasteur luthérien, né à Kreuzberg (Thuringe), Praetorius fait ses études à Francfort-sur-l'Oder et, après avoir débuté comme maître de chapelle à Lüneburg, devient organiste, maître de chapelle et secrétaire du duc de Brunswick à Wolfenbüttel. À la mort du duc, ses liens avec la cour se relâchent : jouissant d'une très grande célébrité, Praetorius est sollicité par les principales cours luthériennes d'Allemagne, et séjourne quelque temps à Dresde, chez l'électeur de Saxe Johann Georg, où il rencontre le jeune Heinrich Schütz. Il meurt, riche et honoré (en laissant par testament tous ses biens aux pauvres), à Wolfenbüttel. Sa production est considérable (1 244 motets dans le seul recueil des Musae Sioniae), et imprégnée d'esprit luthérien. Parti du grand style choral de Lassus, aboutissement de la tradition franco-flamande, il découvre le style nouveau originaire d'Italie, c'est-à-dire la somptueuse écriture polychorale des Vénitiens (dont s'était déjà préoccupé son prédécesseur allemand immédiat Hans Leo Hassler), et les « concerts vocaux » avec voix solistes, chœurs et instruments (qu'il fut au contraire le premier, quelques années avant Schütz, à introduire […]
