2. Une œuvre à la dimension théâtrale
Selon le compositeur, toute son œuvre tendrait vers une dimension théâtrale. Il refuse en effet la notion « du musical comme seule élaboration du son » et instaure les matériaux sonores dans des lieux qu'il investit et qu'il occupe comme au théâtre. Dans le Deuxième Concerto pour un piano-espace (1980), la théâtralité intervient directement dans l'espace, redimensionné et repensé pour le piano.
Michaël Lévinas utilise également la technologie comme un élément de mise en scène du son. Le son instrumental est défini par lui comme l'« immédiateté », et se présente comme un élément pur avec lequel on ne peut jouer ou tricher alors que la technologie devient en quelque sorte « une mise en scène du son ». Dans Contrepoints irréels III-Rencontres (1980), il travaille la polyphonie de manière à mettre en scène l'idée de l'écho : les embouchures des flûtes se répondent par l'intermédiaire d'une boîte d'écho.
Au milieu des années 1990, Michaël Lévinas déclare que « c'est à l'opéra, paradoxalement, que tend toute [son] œuvre instrumentale » et commence la composition de GO-gol. L'œuvre, en deux actes, pour sept solistes, chœur mixte, chœur d'hommes et grand orchestre, d'après un livret de Frédéric Tristan remanié et adapté par le compositeur lui-même, est créé le 21 septembre 1996 à la Filature de Mulhouse, dans le cadre du festival Musica de Strasbourg, dans une mise en scène de Daniel Mesguich. Le grand orchestre est fusionné avec une partie électronique réalisée à l'I.R.C.A.M. et dont le dispositif intervient en temps réel dans le déroulement musical. Grand connaisseur de la littérature russe, Michaël Lévinas s'est inspiré du roman Le Manteau de Nicolas Gogol. L'histoire concise et simple nous raconte la vie de Akaki Akakievitch, petit fonctionnaire modeste et souffre-douleur de ses collègues, particulièrement raillé pour son manteau usé. Il décide alors de se faire confectionner un manteau neuf, ce qui lui vaut une invitation à une réception dans l […]
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