Né en 1933 à Cardiff (Royaume-Uni), Michael Baxandall a conduit une carrière de chercheur et d'enseignant en histoire de l'art dans le Royaume-Uni (il fut professeur « d'histoire de la tradition classique » à l'Institut Warburg et Courtauld, à Londres, et à l'université d'Oxford), puis aux États-Unis (universités de Cornell et Berkeley), sans compter une brève période de collaboration au département des sculptures du Victoria and Albert Museum de Londres. Moins imposante en volume que novatrice et un brin provocatrice, son œuvre, par son ouverture chronologique et thématique, reflète un esprit pour qui la pensée fut une aventure constante.
L'œuvre de Michael Baxandall s'est inscrite de façon critique et créative dans la tradition de recherches iconologiques et socio-culturelles menées à bien par les premiers membres de l'Institut Warburg et Courtauld : il en partagea la curiosité passionnée et multiforme, la conception de l'histoire de l'art comme composante de l'histoire de la culture mentale et des œuvres d'art comme catégorie particulière de « formes symboliques ». L'ouvrage Giotto and the Orators. Humanist Observers of Painting in Italy and the Discovery of Pictorial Composition, publié en 1971 (Les humanistes à la découverte de la composition en peinture, 1340-1450, 1989) portait sur le rôle des premiers humanistes dans l'appréciation des œuvres d'art : la composition picturale, où ils voyaient l'équivalent de la composition d'un discours, et l'impact de leurs propos sur les arts et les artistes, qui sont devenus des filtres linguistiques et conceptuels à travers lesquels le public de la Renaissance et, à leur suite, les historiens de l'art durant des siècles, ont appréhendé les œuvres. L'analyse de la terminologie et des références textuelles de ces « orateurs » potentiels que furent les humanistes italiens, de Pétrarque à Lorenzo Valla, se révélait fructueuse, mais limitée, pour pénétrer dans l'univers mental d'un Giotto ou d'un Pisanello et de leurs admirateurs, et retrouver en même […]
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