3. Domaines de stabilité et conditions de gisement
Les micas dioctaédriques sont relativement peu stables. La paragonite est instable au-dessus de 550 0C et ne peut exister qu'en présence de solutions très riches en sodium et très pauvres en potassium. Cela explique sa rareté : on ne la connaît que dans certaines séries marines et dans des filons hydrothermaux à albite. La muscovite, qui peut exister dans des conditions plus normales, est nettement plus fréquente. Comme elle se déshydrate à partir de 600 0C, elle est absente des roches volcaniques. Il est possible que, dans certains granites, il s'agisse d'un minéral primaire, comme le montre la position de sa courbe de stabilité par rapport au liquidus granitique ; dans la plupart des cas, on considère qu'elle se forme aux dépens des feldspaths par lessivage des alcalins, et surtout du sodium. Dans les roches sédimentaires, les micas blancs sont en fait souvent des illites ou des édifices interstratifiés, mais, dès les premiers stades du métamorphisme, on retrouve une structure typique de micas. Ces muscovites néoformées coexistent avec les chlorites, puis les biotites, et disparaissent vers 600-650 0C par la réaction :

Les micas trioctaédriques sont beaucoup plus stables que les précédents, puisqu'ils ne se déshydratent que vers 1 000 0C, et qu'ils peuvent ainsi se former comme minéraux primaires aussi bien dans les roches basiques que dans les roches acides. Les biotites sont toutefois très sensibles aux conditions d'oxydoréduction, et subissent dans les roches volcaniques une oxydation analogue à celle des amphiboles. Ces minéraux ferromagnésiens sont très altérables et peuvent se transformer en chlorites ou en muscovites secondaires par perte de Mg et Fe. Les biotites sont absentes des roches sédimentaires, mais relaient les chlorites dans la progression du métamorphisme. Elles subsistent jusque dans les […]
… pour nos abonnés, l'article se prolonge sur 3 pages…



