Compositeur allemand né à Vogelsdorf, près de Berlin, et mort à Paris. Principal représentant en France du « grand opéra » du milieu du xixe siècle, Jakob Meyerbeer se produit comme pianiste dès l'âge de neuf ans, et suit l'enseignement d'un élève de Clementi, puis de Zelter, et enfin de l'abbé Vogler à Darmstadt (1810-1812), où il a comme disciple Carl Maria von Weber. Il s'essaie au théâtre dès 1812 (Jephtas Gelübde) mais n'obtient son premier grand succès, après s'être converti à l'italianisme, qu'avec Les Croisés en Égypte (Il Crociato in Egitto, Venise, 1824). Cet ouvrage ayant connu le triomphe à Paris, il décide de s'établir dans cette ville, et change encore une fois sa manière. De cette métamorphose, la révélation sera Robert le Diable (sur un texte de Scribe)
, dont la création à l'Opéra de Paris, en 1831, non seulement fonde la gloire du compositeur, mais bat tous les records de recettes établis jusqu'alors. Les Huguenots suivent en 1836. Nommé, en 1842, directeur de la musique (Generalmusikdirektor) de la cour de Berlin, il ne rompt pas ses contacts avec Paris, où sont créés successivement Le Prophète (1849), L'Étoile du Nord (1854), Le Pardon de Ploërmel (1859), et, surtout, un an après sa mort, L'Africaine
(1865).
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Jenny Lind La soprano suédoise Jenny Lind, le célèbre "rossignol du Nord", tient le rôle d'Alice dans l'opéra de Meyerbeer Robert le Diable, à Londres, en 1847.
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L'Africaine L'Africaine, opéra de Meyerbeer (1791-1864) créé à Paris après sa mort en 1865, est monté au Covent Garden de Londres, en 1978.
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Ses œuvres sont, en fait, très nombreuses et couvrent bien d'autres genres, vocaux et instrumentaux, sacrés et profanes. Mais sa réputation se fait, et décline, avec ses opéras. Tout en demeurant allemand pour l'harmonie, et italien pour la mélodie, il emprunte aux Français, aidé en cela par son librettiste Scribe, un rythme plus accentué reflétant les moindres détails du texte et de la charpente du drame, le côté visuel de la tragédie lyrique et les intrigues à sensation de l'opéra comique. D'où l'idolâtrie dont il fait l'objet de la part de la société de la monarchie de Juillet et du second Empire ; d'où aussi les réserves de musiciens comme Berlioz, Schumann ou Wagner, qui ont bien vu, en particulier Schumann, ce que son art avait de clinquant et d'artificiel ; d'où enfin le discrédit dont il souffrit après sa mort. Cela dit, on ne saurait nier l'efficacité ni même la grandeur de certaines de ses scènes (ainsi l'épisode de la Saint-Barthélemy des Huguenots), ni oublier l'influence qu'il a exercé sur Wagner ou sur Verdi.
Marc Henri VIGNAL
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