4. Le Mexique au tournant du XXIe siècle
• Le difficile sexennat de Miguel De la Madrid (1982-1988)
Lors de son accession à la présidence le 1er décembre 1982, le successeur de José López Portillo avait hérité d'une situation particulièrement difficile, eu égard au scepticisme qui s'était développé dans l'opinion publique à la suite des désastreuses fins de mandat de ses deux prédécesseurs et surtout à la gravité des problèmes économiques qu'il devait affronter : effondrement des entrées de devises, accélération brutale du rythme de l'inflation et chute catastrophique des activités productives. Au terme de son sexennat, il laisse le pays dans un état non moins préoccupant puisque ses efforts de réorganisation de l'économie n'ont pas donné les résultats escomptés mais, au contraire, aggravé la désaffection de la population à l'égard d'un système politique dont la stabilité avait jusque-là paru inébranlable.
La crise économique
Le diagnostic formulé dans le plan national de développement proposé pour 1983-1988 soulignait que les problèmes structurels de l'économie mexicaine résidaient dans « les déséquilibres des appareils de production et de distribution, l'insuffisance de l'épargne nationale, le manque de devises et les inégalités dans la distribution des bénéfices du développement ». Mais l'énoncé des « problèmes actuels » revêtait une dimension sans doute plus dramatique en faisant ressortir que le taux de chômage avait doublé, que la production était en baisse dans plusieurs secteurs, que de nombreuses entreprises étaient au bord de la faillite, que l'inflation connaissait une hausse vertigineuse, que le produit et le revenu national diminuaient, que le secteur public enregistrait depuis deux ans un déficit supérieure à 15 p. 100 du P.I.B. et que le pays était en virtuelle cessation de paiement avec l'extérieur.
Pour sortir de l'ornière, la nouvelle équipe dirigeante proposa à l […]
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