À la différence de tant d'autres peintres nordiques des xve et xvie siècles, Quentin Metsys ne fut jamais oublié et, cas rarissime, était encore considéré en pleine époque baroque comme un très grand peintre dont le souvenir restait intact (cf. les biographies si louangeuses de Fickaert, en 1648, et de Fornenbergh, en 1658). Plus personne ne saurait contester aujourd'hui, à la suite du chroniqueur Giucciardini, de Molanus et de Lampsonius, tous auteurs du xvie siècle, que Metsys était originaire de Louvain et qu'il y reçut même sa première formation avant d'apparaître, en 1491 seulement, sur les registres de la gilde de Saint-Luc à Anvers. À cet égard, le milieu encore assez fermé et traditionaliste de Louvain, durablement marqué par Hugo van der Goes et Dieric Bouts, dont l'atelier était maintenu et prolongé par le fils de ce dernier, Albert (fut-il le maître de Metsys ?), semble bien avoir exercé une influence efficace sur le jeune Metsys. Le père de Metsys était ferronnier, et il est possible (mais non prouvé) que le jeune Quentin ait dû un moment continuer le travail paternel. Quoi qu'il en soit, l'existence artisti […]
