Une nuit de 1925 le producteur Erich Pommer et Fritz Lang découvrent les gratte-ciel de Manhattan. Le film qui naîtra de cette vision conclura un triptyque commencé avec Mabuse, le joueur, « tableau d'une époque », et poursuivi avec la légende ancienne des Nibelungen. Ce ne sont pas seulement les moyens mis à la disposition du réalisateur qui font de Metropolis, « drame de l'avenir », un des premiers chefs-d'œuvre de la science-fiction au cinéma : décors gigantesques, maquettes d'une extrême rigueur, androïde à l'image exacte de l'héroïne incarnée par Brigitte Helm... On peut encore critiquer la conclusion, attribuée à Thea von Harbou, alors collaboratrice et épouse de Lang, et qui passera bientôt dans le camp nazi : le cœur comme médiateur entre patrons et ouvriers. Reste la vision hallucinée d'un futur – notre présent – où une ville est identifiée à un dieu-machine et dévorant, Moloch, et où l'espèce humaine apparaît en proie à une lutte entre le monde supérieur (une classe dirigeante et oisive) et le monde inférieur : une masse d'exploités en danger de mort permanent qui tente, en vain, de se révolter... Metropolis n'est-il pas, plus que jamais, une « tragédie de notre temps » ?
Photographie
Metropolis, Fritz Lang Au contraire du fantôme, le robot a toujours affaire au pouvoir, dans la mesure où il est la matérialisation d'une réalité parfaitement contrôlable et modelable. À l'aube du nazisme, Fritz Lang déploie dans Metropolis (1926) une méditation fascinée sur ce devenir de l'humain. Ici, Alfred Abel et Rudolf Klein-Rogge en présence de l'androïde construit à l'image de la jeune Maria.…
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Joël MAGNY
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