6. Vers libres
Depuis la fin du xixe siècle, beaucoup de poètes, dont certains considéraient la versification comme un ensemble d'obligations appauvrissantes, ont publié des textes en « vers libres ». Généralement, les poèmes ainsi qualifiés se présentent typographiquement comme des suites de « vers »-lignes (passage à la ligne, avant d'atteindre la marge droite et les dimensions ordinaires d'un paragraphe, éventuellement au milieu d'une phrase, souvent avec initiale majuscule même dans ce dernier cas). Le style est souvent caractéristiquement « poétique ». Tout cela force l'attention au rythme, et le fait est qu'on rencontre souvent dans des vers libres un dense tissu d'équivalences en nombres syllabiques, ou des formes stéréotypées (notamment 6-6 et 4-6 chez certains poètes). Mais la « liberté » se marque tout de même par le fait qu'on n'y trouve pas le réseau rigoureux et continu d'équivalences qui déterminent les vers traditionnels. Plus souvent encore, il manque le réseau d'équivalences en terminaison qui dessinent une figure rimique, et la forme d'ensemble n'est pas reproduite (absence fréquente de superstructure strophique, ou de « forme fixe »). Ainsi la parenté des vers libres avec les vers traditionnels (écrits) se limite parfois à ce que le découpage typographique y joue un rôle semblable, en conditionnant la manière dont le texte est appréhendé.
[…]… pour nos abonnés, l'article se prolonge sur 10 pages…



