5. L'action de l'homme sur le temps
Un autre caractère de l'aspect utilitaire de la météorologie réside dans l'action que l'homme peut avoir sur son environnement atmosphérique. Lorsqu'on essaye d'évaluer les possibilités d'intervention sur le temps, il est intéressant de considérer les quantités d'énergie mises en jeu dans l'atmosphère et de les comparer à celles dont l'homme peut disposer. Ainsi l'énergie d'origine solaire reçue par la portion d'atmosphère qui recouvre quelques kilomètres carrés de sol, au cours d'une journée moyenne d'été sous les latitudes tempérées, équivaut à l'énergie produite en vingt-quatre heures par une centrale électrique de grande puissance (600 MW). De même, un cumulus moyennement développé contient sous forme de gouttelettes plusieurs milliers de tonnes d'eau liquide élevées à plusieurs kilomètres de hauteur et dont l'évaporation a exigé près de 10 000 milliards de joules. Enfin, une dépression océanique représente, du point de vue énergétique, plusieurs millions de mégatonnes de T.N.T., que l'on peut comparer aux quelques mégatonnes développées par une bombe thermonucléaire.
Ces quelques chiffres permettent de situer le problème et de comprendre pourquoi les résultats obtenus jusqu'ici dans le domaine de la modification du temps sont demeurés modestes, limités dans l'espace. Aussi les expérimentateurs ont-ils essayé d'intervenir sur certains phénomènes en équilibre métastable, par exemple en provoquant la libération d'une part de l'énergie disponible, amorçant de la sorte un processus susceptible de se propager de lui-même.
C'est ainsi que, pour déclencher la pluie, les expériences menées depuis 1946 ont consisté à introduire dans le nuage soit des noyaux de condensation hygroscopiques (sel marin ou chlorure de calcium anhydre) ou de l'eau pulvérisée lorsque la température est positive, soit des noyaux de congélation (neige carbonique, iodure d'argent) lorsque la température est négative. Dans le premier cas, on favorise à la fois la condensation et la coalescence des gouttelettes ; dans le second, on fait cesser la surfusion et l'on provoque la croissance de cristau […]
… pour nos abonnés, l'article se prolonge sur 16 pages…



