« Ce qui se manifeste, c'est aussi, en premier et le plus souvent, l'apparente stabilité des choses visibles, leur extraordinaire entêtement à demeurer en leur état » (J. T. Desanti, Natura Rerum : ordre ou désordre ?). La stabilité désigne la condition de possibilité de la réalité phénoménale. Mais signifie-t-elle pour autant la propriété essentielle de la réalité ? Est-elle contingente ou nécessaire ? La stabilité nous permet de prendre conscience d'une présence des choses à travers les trois régions de phénomènes que désignent les termes matière, vie et esprit. S'il n'y avait une relative stabilité des phénomènes, il n'y aurait ni univers, ni organisme, ni société, car tout système de représentation, sujet de connaissance ou état de conscience, serait impossible. La stabilité est à la base du donné comme des structures mentales. Mais, à l'inverse, la stabilité des phénomènes produit un tel effet de réalité que nous confondons cette propriété de la réalité phénoménale avec la raison d'être des choses. Leur rassurante fidélité (le soleil se lève effectivement chaque matin, les livres restent bien à leur place sur les étagères, jamais l'or ne s'est transmué en […]
