Figure rhétorique qui « consiste à substituer l'expression indirecte à l'expression directe [...], à faire entendre une chose par une autre, qui la précède, la suit ou l'accompagne » (Fontanier). « Il a vécu », « nous le pleurons » sont des expressions métaleptiques, l'une présentant l'antécédent, l'autre la conséquence logique de ce que l'on omet de dire par pudeur ou par politesse : « il est mort ». Ici, l'euphémisme procède par métalepse. La métalepse qui sert à « taire tout en disant » atteint sa pleine efficacité dans Phèdre : la tension dramatique découle de ce dilemme même, au moment où Phèdre parle de son amour pour Hippolyte tout en le voilant devant Œnone : « Quand pourrai-je, au travers d'une noble poussière, / Suivre de l'œil un char fuyant dans la carrière ! »
