4. La mesure en unités monétaires
Les sociétés contemporaines dont on cherche à décrire puis à analyser le fonctionnement économique sont toutes largement monétarisées. La monnaie y est le support essentiel des transactions entre les acteurs de la vie économique ; c'est en monnaie, le plus souvent, que s'exprime la valeur des stocks de biens ou de créances présents dans l'économie. D'où l'importance des mesures en termes monétaires dans l'analyse économique. Toutefois, ce recours à un seul étalon de référence ne dispense pas de résoudre de délicats problèmes de valorisation. En outre, le « tout monétaire » peut gêner la compréhension de certains phénomènes socio-économiques et l'on peut trouver avantage à remplacer la monnaie par d'autres unités de référence.
• Problèmes de valorisation
La circulation des biens ou des services disponibles dans l'économie se traduit en général par une suite de transactions commerciales au cours desquelles fournisseur et acheteur se mettent d'accord sur le prix de la marchandise ou du service objet de la transaction. Le prix correspond ici à la valeur monétaire d'une unité physique de l'objet échangé. La mesure, à l'échelle des individus (microéconomique) ou d'une partie de l'économie nationale (macroéconomique), est donc le plus souvent fondée sur la référence aux « prix du marché », c'est-à-dire les prix effectivement pratiqués dans les transactions observées : il n'y a là, apparemment, rien de plus objectif.
Le malheur est que la notion de prix du marché change sensiblement de contenu tout au long du circuit économique qui va, par exemple, du producteur au consommateur. Prenons l'exemple du livre : quel est son prix sur le marché à un instant donné ? Pour le producteur (qu'on assimilera ici à l'éditeur), le prix le plus pertinent, celui qui détermine son comportement économique, est le prix hors-taxes qui sert de base aux transactions entre lui et les libraires ; c'est de ce prix en effet que dépend l'équilibre financier de sa gestion. Pour le lecteur, le prix sur le marché est tout naturellement c […]
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