3. Les formes usuelles de mesure en économie
La réflexion sur la neutralité de la mesure a conduit à privilégier une forme particulière de mesure en économie. Il est vrai que c'est aussi l'une des plus fréquemment pratiquées : la mesure du niveau absolu d'un phénomène économique revient à quantifier, par rapport à une unité de mesure pertinente, l'état de ce phénomène dans un intervalle de temps et à l'intérieur d'un espace donné. C'est cette forme de mesure qui a servi jusqu'ici de référence à la plupart des exemples cités.
La mesure du niveau absolu se conçoit aisément ; elle constitue le plus souvent la première étape de toute démarche de quantification en économie et, en même temps, elle n'est jamais utilisée de façon isolée. On peut dire, par exemple, que le produit intérieur brut de la France s'est élevé en 2007 à 1 792 milliards d'euros ; si l'on en reste là, l'information contenue dans ce chiffre est pratiquement nulle. L'information et, avec elle, les premières possibilités d'analyse viennent de la comparaison avec d'autres grandeurs économiques.
On peut par exemple examiner les valeurs successives que prend le même phénomène économique au cours du temps. Ainsi, on comparera le produit intérieur brut français de 2006 à celui de 2005. Si on trouve pour ce dernier une valeur de 1 717 milliards d'euros, on en déduit une augmentation de 75 milliards en un an. Là encore, l'information reste limitée : on connaît le niveau absolu de la variation mais on ne sait comment la situer. D'où le recours à une mesure relative de la variation : on ne se contente plus de la mesurer en soi, on la compare en même temps avec le point de départ de la comparaison. Dans notre exemple, on trouve : 75/1717 = 0,04, ou encore, en pourcentage, 4 p. 100 d'augmentation. On aboutit plus rapidement à la même information en faisant directement le rapport des deux grandeurs que l'on veut comparer : 1 792/1 717 = 1,04. Ce rapport est la forme la plus simple de ce qu'on appelle un indice d'évolution
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