C'est dans ses œuvres religieuses, et plus particulièrement dans ses messes, que Josquin des Prés donne la pleine mesure de son génie : les dix-huit messes complètes qui lui sont attribuées avec certitude mettent en évidence l'apport considérable du plus illustre représentant de l'école franco-flamande dans les domaines de l'invention mélodique et de l'expression lyrique, ainsi que dans l'élaboration du style dit en imitation continue, caractérisé par l'égale importance qui va désormais être accordée aux diverses voix de la polyphonie. Josquin passe en effet progressivement de la notion archaïque de tenor (ou teneure : voix principale qui sert de base à l'édifice polyphonique primitif) à l'idée révolutionnaire de thème, qui va imprégner toute la musique occidentale. Cette modernité connaît son apogée dans une de ses dernières messes, la Missa Pange lingua, dans laquelle la polyphonie atteint un équilibre jamais réalisé auparavant. L'écriture est devenue très « verticale » : génératrice d'harmonie, elle permet des effets expressifs que les contraintes du contrepoint, « horizontal », ne permettaient pas de réaliser. La Missa Pange lingua (qui porte également le titre Missa de venerabili sacramento), probablement composée vers 1515, peut-être en 1514, ne sera publiée qu'en 1539, bien après la mort de Josquin, en 1521.
Photographie
Adieu mes amours, Josquin Des Prés Chanson à quatre voix de Josquin Des Prés Adieu mes amours. Partition imprimée à Venise en 1503 chez Ottaviano Petrucci.
Crédits: Erich Lessing/ AKG Consulter
Juliette GARRIGUES
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