Lorsque John Lubbock créa en 1865 les termes Paléolithique (pierre ancienne) et Néolithique (pierre nouvelle) pour désigner les principales étapes de la préhistoire de l'humanité, il semblait qu'un abîme séparait l'âge du renne de celui de la pierre polie. À partir de 1870, E. Cartailhac et plusieurs autres savants défendirent opiniâtrement la théorie d'un « hiatus » dans l'occupation de l'Europe entre ces deux périodes ; cette interruption se manifestait clairement, croyait-on, par une discontinuité dans l'évolution des hommes et des techniques : remplacement d'un type humain dolichocéphale, chasseur de rennes, par un autre, brachycéphale, pasteur et agriculteur, connaissant la céramique et le polissage de la pierre. Les vestiges abandonnés par ces populations si différentes étaient séparés par le « Diluvium rouge » ou par d'épais planchers stalagmitiques, dépôts d'un cataclysme dans lequel certains continuaient à voir le Déluge. Mais, en 1883, dans son ouvrage Le Préhistorique, G. de Mortillet, écrivait : « Cet hiatus n'est pas réel, il n'existe que dans le résultat de nos études et nos recherches actuelles. » En effet, cette lacune sera comblée, dans son tableau de l'évolution des industries préhistoriques, par l'adoption du Campignien, créé par P. Salmon en 1891, puis par la création du Tourassien (= Azilien) en 1894 et enfin par celle du Tardenoisien en 1897 ; ces industries seront ensuite rassemblées pour former la période mésolithique.
En 1909, J. de Morgan donna au terme Mésolithique le contenu admis aujourd'hui par la plupart des préhistoriens, en y regroupant les industries placées entre le Magdalénien, dernière culture du Paléolithique supérieur, et le Néolithique. En 1931, G. Goury distingua dans le Mésolithique une phase ancienne, l'Épipaléolithique (comportant l'Azilien et le Sauveterrien), et une phase récente, le Prénéolithique (le Tardenoisien). J.-G. Rozoy rejette le terme Mésolithique, qui impliquerait l'idée de transition entre l'économie des chasseurs e […]
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