2. Une critique sociale
Brecht voit en Mère Courage une figure négative, celle de la marchande qui « reconnaît [...] l'essence purement mercantile de la guerre », mais « apprend aussi peu de la catastrophe que le cobaye apprend sur la biologie » (Écrits sur le Théâtre). Pourtant, le personnage de Mère Courage touche par sa vivacité, son esprit et son amour maternel. Elle fait du commerce pour être une bonne mère, mais ne peut être une bonne mère en faisant du commerce. L'important, pour Brecht, est de mettre en évidence les processus qui conduisent à cette contradiction, afin que le spectateur ne soit pas tenté de n'y voir qu'une fatalité, et qu'il reconnaisse dans Mère Courage un infime rouage dans la logique implacable de la guerre et du profit : « Quand on entend parler les gros bonnets, ils ne font la guerre que par crainte de Dieu et que pour tout ce qui est beau et bien. Mais quand on y regarde de plus près, ils ne sont pas si bêtes, ils font la guerre pour le profit. Et autrement les petites gens comme moi ne seraient pas davantage dans le coup. »
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