3. Tectonique globale
• La grille planétaire
Il existe sur Mercure de nombreux « linéaments », c'est-à-dire des éléments morphologiques rectilignes : vallées, rides, escarpements, sillons, chaînes de cratères, parties rectilignes de piton central ou de lèvre dans certains cratères, etc. Ces éléments rectilignes sont d'origines très variées (et souvent mal comprises à cause de la mauvaise résolution des photographies) ; localement, leur disposition ne montre pas de cohérence manifeste. En revanche, la cartographie de ces linéaments (toutes morphologies confondues) pour de vastes surfaces montre une répartition azimutale relativement ordonnée : bien que d'origines variées, les linéaments semblent avoir réutilisé des accidents tectoniques préexistants qui avaient une répartition azimutale non aléatoire sur ces vastes surfaces. De plus, ces directions privilégiées sont observées sur presque toute la planète. On retrouve notamment les directions nord 200, nord 450, nord 1350 et nord 1600 dans toute la zone équatoriale.
Cette constance en direction d'un ancien réseau de fractures (ayant ensuite rejoué de diverses façons au cours des temps) a été découverte pour la première fois sur la Lune ; ce réseau a été appelé « grille ».
L'origine vraisemblable de telles grilles est à rechercher dans les changements d'ellipticité d'une planète lors de variations de sa vitesse de rotation sur elle-même, ou lors de sa réorientation globale causée par une forte anomalie de masse. De telles variations de vitesse et de forme engendrent des grilles présentant une symétrie par rapport à l'axe nord-sud, ce qui est le cas de la grille mercurienne en zone équatoriale. Le début de la formation de cette grille a été très précoce, antérieur à l'impact qui a formé le bassin Caloris, puisqu'elle a été réutilisée par les dislocations périphériques de ce bassin.
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