3. À la pointe des nouvelles technologies
Évoluant avec le siècle, Merce Cunningham est aussi l'un des premiers à avoir vraiment entamé des recherches sur la danse et l'image avec la vidéo, ne se contentant pas de simples appositions, mais s'efforçant à chaque fois d'ouvrir un nouvel espace et un nouveau point de vue pour le spectateur. Il reprend, muni d'une petite caméra, les interrogations qui ont présidé à ses trouvailles. Il remarque que l'œil de la caméra se substitue à celui du spectateur et se trouve confronté à un espace à deux dimensions. Par contre, l'utilisation de plusieurs caméras permet de multiplier les points de vue, contrairement à ce qu'il est possible de voir dans une salle. Cunningham se saisit ainsi des techniques de l'image pour multiplier les angles de vue et démultiplier l'espace de la danse. Ses collaborations avec des réalisateurs attitrés sont très fructueuses. Avec Charles Atlas (de 1973 à 1983, dans un premier temps), il crée des œuvres spécifiquement télévisuelles comme Blue Studio (1975), fondée sur des incrustations (une technique qui consiste à évider une forme dans une première image et à la remplir par une seconde) et des changements d'angle de prise de vue, ou encore Channel/Inserts (1981), où la version filmée crée l'illusion de deux films projetés en même temps, que le spectateur doit monter lui-même. De 1985 à 1991, il collabore ensuite avec Elliott Caplan, réalisant notamment Beach Birds for Camera (1991), une œuvre majeure qui lui permet de dépasser les limites du théâtre. Il travaille de nouveau avec Charles Atlas pour Wiews for video (2005) et Wiews on Stage (2005), deux parties d'une création complexe qui, conçue pour l'image et la scène, suggère une algèbre volée à la caméra et ses mouvements de ralenti, d'accélérés ou de review.
À partir des années 1990, Merce Cunningham s'empare de l'ordinateur. Il invente un logiciel de chorégraphie assistée par l'ordinateur qu'il nomme Life Forms, puis Dance Forms, et qu'il utilise, depuis la créa […]
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