3. La monnaie, du XVIe au XVIIIe siècle
• La monnaie n'est pas un bien comme les autres
L'interrogation sur la nature de la monnaie occupe une place essentielle dans la littérature mercantiliste. Cette interrogation correspond à plusieurs questions précises, plus ou moins mises en avant selon l'actualité, mais traitées dans un même esprit. On se demandait, en particulier au xvie siècle, comment expliquer la hausse des prix ; s'il était bien que le prince change la valeur de la monnaie ; si et pourquoi un accroissement de la quantité de monnaie était désirable dans un pays.
Les arguments ont forcément varié avec les faits et aussi avec la connaissance, très lacunaire, qu'on avait de leur ampleur. Le point commun de toute la littérature considérée n'apparaît que si on la compare avec les écrits classiques des disciples d'Adam Smith : pour tous les mercantilistes, la monnaie n'est pas un bien comme les autres, elle importe plus que les autres. Alors que la pensée classique va précisément enseigner le contraire : que la monnaie est une marchandise comme les autres, soumise comme les autres aux lois de l'offre et de la demande ; une marchandise moins importante même que la plupart des autres, « un voile » selon l'expression de Jean-Baptiste Say.
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