3. Migrations mennonites
Pacifistes, les mennonites refusent, en théorie, de porter les armes et de prêter serment. Combinée avec d'autres traits culturels et sous l'influence d'autres facteurs, cette attitude les a obligés à de nombreuses migrations. Au xviie siècle, certains d'entre eux allèrent se fixer en Russie. Mais leur déplacement le plus important a eu lieu, dès les xviie et xviiie siècles, et surtout au xixe, vers l'Amérique du Nord (Canada et États-Unis). Actuellement, près d'un tiers de leurs effectifs (environ 230 000 sur près de 645 000 en 1980) habitent cette partie du monde. Ils y sont groupés en un certain nombre de « conférences » plus ou moins conservatrices, en particulier pour ce qui est des formes de la non-mondanité. On y rencontre les mennonites les plus résolument conservateurs, les amish, qui refusent toute forme de contacts, même ecclésiastiques, avec les autres mennonites. Leur habillement particulier a été popularisé par la photographie. D'autres mennonites moins conservateurs, d'origine russe, ont retenu l'attention des observateurs par leurs méthodes de colonisation agricole et les formes de leur vie sociale.
En 1980 et à la suite d'efforts missionnaires en provenance d'Europe, mais surtout d'Amérique du Nord, il existait plus de 90 000 mennonites africains, et près de 95 000 en Asie. L'Europe et l'U.R.S.S. en comptaient 95 500 (2 000 environ en France).
Les mennonites, persécutés, puis vivant volontairement à l'écart du monde, ont surtout, dans l'histoire, une réputation de grande honnêteté, de souci du travail bien fait, de progressisme agricole, de charité agissante et d'hospitalité généreuse. La recherche actuelle tend à leur reconnaître un rôle particulier dans l'expérimentation des formes de vie en commun qui ont abouti, par des cheminements divers, au coopératisme.
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