Parmi les « cent écoles de pensée » qui se développèrent pendant la période politiquement troublée mais intellectuellement brillante des Royaumes combattants de la Chine ancienne (— 481-— 221), Meng Tzeu représente le versant idéaliste et libéral du courant confucéen (école des Lettrés). Pour lui, l'homme est naturellement bon mais un environnement peu favorable peut le détourner de sa nature. D'où la nécessité d'un gouvernement juste et humain qui permette aux individus d'obtenir les conditions de vie sans lesquelles la pratique de la vertu est impossible. Meng Tzeu introduit l'idée d'une nécessaire légitimité populaire au pouvoir, affirme que « c'est le peuple qui a le plus haut rang dans l'État... c'est le souverain qui compte le moins » et appelle au renversement d'un gouvernement injuste. Il recommande au gouvernement de distinguer les hommes de valeur et d'employer des personnes capables. Au plan économique, il critique les monopoles, prône la diminution des impôts sur les produits alimentaires, le remplacement des impôts sur les paysans par des fermages, la suppression des péages et octrois et la diminution des charges sur les marchands. Il n'eut aucun succès à son époque mais fut ensuite considéré par la tradition chinoise comme le « second sage » après Confucius. L'ouvrage éponyme (vers — 300 ) exposant ses enseignements sera intégré dans les « Quatre Livres » qui définissent le canon confucéen.
Marc PÉNIN
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