Titre d'un livre de l'écrivain anglais Israel Zangwill, publié en 1908 et traduit en français sous le titre Le Creuset. L'expression Melting Pot a popularisé une notion aussi vieille que les États-Unis eux-mêmes. Déjà à la fin du xviiie siècle, un Français d'Amérique, Hector Saint-John de Crèvecœur (1735-1813), écrivait en effet des Américains : « Ils sont un mélange d'Anglais, d'Écossais, d'Irlandais, de Français, de Hollandais, d'Allemands et de Suédois. De ce fonds humain bigarré, cette race qu'on appelle les Américains est née. » Un siècle plus tard, la poétesse américaine Emma Lazarus (1849-1887) exprimait une pensée semblable ; son poème The New Colossus est gravé au pied de la statue de la Liberté.
D'après cette conception, l'environnement compte plus que l'hérédité. Quelles que soient ses origines, l'immigrant dépouille le vieil homme une fois qu'il a débarqué sur les rivages américains ; il s'assimile complètement à la culture américaine.
Pousser à bout cette thèse reviendrait à nier certaines caractéristiques de la société américaine. Chaque groupe ethnique conserve pendant un certain temps ses particularités et finit par les transmettre, en partie du moins, à la société tout entière
; le pluralisme culturel est une réalité et un objectif de la civilisation des États-Unis. Les résistances à l'immigration ont, de plus, toujours existé ; elles se sont avivées au début du xxe siècle pour aboutir, entre 1921 et 1929, à l'établissement des lois sur les quotas
; pour les adversaires de l'immigration illimitée, l'hérédité est plus forte que l'environnement. Le melting pot, le creuset est un de ces mythes qui, à telle ou telle époque, ont alimenté le « rêve américain ». Et si le creuset a fonctionné, ce ne fut pas sans difficultés ni ratés (que l'on pense aux Noirs, aux Indiens, aux Mexicains, aux Chinois).
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Le Nouvel An chinois Enfants fêtant le Nouvel An chinois, à San Francisco, principal passage de l'entrée de l'immigration asiatique aux États-Unis.
Crédits: Billy Hustace, Tony Stone Images Consulter
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L'immigration juive aux États-Unis, vers 1920 Venus d'Europe centrale ou orientale, ces juifs arrivés à Ellis Island (New York) font partie des dernières vagues massives d'immigration avant le système des quotas mis en place en 1921 et 1924.
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André KASPI
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