Accueil - Boutique - Contact - Assistance
Zone de recherche

Altas Auteurs Recherche thématique Dictionnaire
 

MÉLODRAME

Page précédente Page suivante

2.  Structures et langages du mélodrame

Dans le spectacle qu'offre le mélodrame, les conflits sont résorbés et comme phagocytés : il n'y a pas de véritable problème politique, moral ou social, et tout le monde adopte en définitive un système des valeurs identiques : le Traître se nomme lui-même « scélérat » et « coquin ». Aucune transgression morale ou sexuelle ; et, au cas où l'auteur aurait la tentation de mettre en scène une quelconque transgression, il serait vite rappelé à l'ordre par la censure. En réalité, le mal est toujours le fait du Traître ; c'est sa perversité qui produit les désastres à quoi s'ajoutent, parce que le spectaculaire est la règle, les catastrophes naturelles : orages, incendies, tremblements de terre, tempêtes, voire raz-de-marée ou éruptions volcaniques. Le mal dû aux égarements de la nature se combine ainsi avec celui qui naît de la perversité du méchant. Pris en tenailles, entre l'un et l'autre, le mal historique et l'injustice sociale ne trouvent pas leur place. Enfin, le mal dont le Traître est la cause se voit nécessairement désamorcé et racheté par le héros aidé de la divine Providence.

De là une constellation de personnages déterminant un réseau de forces qui dessine une structure codée immuable. Tout d'abord, le Traître est le sujet actif dont le vouloir égoïste a fait entrer le mal dans le monde, et auquel s'oppose le héros désintéressé, « anti-sujet » qui fera triompher le bien. Le Traître, presque toujours solitaire, est lié à ses victimes par une paternité ou par une pseudo-paternité d'emprunt : il est oncle, tuteur, protecteur. En général, c'est un homme, les femmes étant plutôt vouées au rôle de victime. À la fois cynique, car il ne doit pas tromper le spectateur, et hypocrite pour ses victimes, le Traître se caractérise par la puissance de ses désirs : il veut tout, non seulement la jolie et innocente héroïne, mais surtout le pouvoir, et d'abord l'argent. Le Traître est mû par une véritable prédestination au mal. Face à lui, le H […]

… pour nos abonnés, l'article se prolonge sur 5 pages… Offre essai 7 jours

Thématique

Classification thématique de cet article :

Retour en haut

Autres références

« MÉLODRAME » est également traité dans :

AUTRICHE

Écrit par :  Roger BAUERJean BÉRENGERAnnie DELOBEZChristophe GAUCHONFélix KREISSLERPaul PASTEUR Universalis

Dans le chapitre "Le théâtre populaire jusqu'à Nestroy"  : …  ni de rédemption : au mieux, ils se muent en philosophes sceptiques et plus souvent cyniques. Nestroy reste sans illusions, même quand la férocité de la satire le cède à l'ironie du sage. Ses innombrables pièces (féeries, farces, vaudevilles, *mélodrames) abondent en maximes, en apophtegmes, d'une vigueur et parfois d'une poésie inimitables… Lire la suite
BOULEVARD THÉÂTRE DE

Écrit par :  Daniel ZERKI

Dans le chapitre "L'âge tendre (1789-1814)"  : …  des genres apparaissent ou se modifient. À l'Ambigu, en 1795, on peut voir l'un des premiers *mélodrames : Le Brigand de Calabre, de Loaisel de Tréogate. Dès 1792, on pratiquait dans ce théâtre un genre paradoxal : la pantomime parlée. Ces pantomimes étaient à grand spectacle : elles comprenaient de nombreux décors, des costumes, de… Lire la suite
DRAME - Drame romantique

Écrit par :  Anne UBERSFELD

Dans le chapitre "La France"  : …  On a beaucoup parlé de la parenté – plus apparente que réelle – qui existe entre le *mélodrame (René Charles de Pixérécourt) et le drame romantique. Le mélodrame est un drame moral de structure souvent classique, qui voit un héros redresseur de torts aidé d'un comparse populaire comique, le niais, combattre victorieusement le traître et… Lire la suite
HUGO VICTOR (1802-1885)

Écrit par :  Pierre ALBOUYPierre GEORGELJacques SEEBACHERAnne UBERSFELDPhilippe VERDIER

Dans le chapitre "À la recherche d'un public"  : …  que cinquante ans plus tard. La seconde, Lucrèce Borgia, inaugure la série de ces « grands *mélodrames romantiques en prose » où Antonin Artaud voyait du vrai théâtre. Ce drame de l'amour incestueux et de la culpabilité fatale, dont le dernier acte est un chef-d'œuvre de construction poétique et de violence hallucinatoire, eut un succès… Lire la suite
MÉTASTASE, ital. PIETRO TRAPASSI dit METASTASIO (1698-1782)

Écrit par :  Paul LARIVAILLE

… *Poète italien né à Rome. Improvisateur applaudi dès l'âge de dix ans, Métastase est remarqué par Gian Vincenzo Gravina (1664-1718), un des fondateurs de l'Académie de l'Arcadie, qui le prend sous sa protection, grécise son nom de Trapassi en Metastasio et lui donne une éducation classique. Il est ensuite confié, en Calabre, au philosophe cartésien… Lire la suite
PIXÉRÉCOURT RENÉ CHARLES GUILBERT DE (1773-1844)

Écrit par :  France CANH-GRUYER

… *Une carrière éclatante (cent vingt pièces, trente mille représentations). Tirant le meilleur parti d'un genre qu'il contribua à élaborer et qui triompha, de 1800 à 1830, sur les scènes françaises, Guilbert de Pixérécourt mérite bien le nom de père du mélodrame. Issu d'une vieille famille lorraine, il reçoit d'un père sévère et quelque peu brutal… Lire la suite
PYAT FÉLIX (1810-1889)

Écrit par :  Jean BANCAL

… *Fils d'un avocat légitimiste, Félix Pyat devient lui-même avocat, mais préfère bientôt le journalisme et la littérature. Auteur de nombreux articles et de pièces « sociales » d'un goût mélodramatique (Le Brigand et le Philosophe, 1834 ; Les Deux Serruriers, 1841 ; Les Chiffonniers de Paris, 1847), il jouera toute sa vie,… Lire la suite
THÉÂTRE OCCIDENTAL - Histoire

Écrit par :  Robert PIGNARRE

Dans le chapitre "Du siècle des Lumières à l'ère industrielle"  : …  de la vérité morale. Bientôt la vague préromantique fit dériver ce « genre sérieux » vers le *mélodrame, où l'exaltation sensible et vertueuse mise à la mode par Richardson, Rousseau et Goethe s'allie aux fantasmagories du « roman noir », animant une dramaturgie candide, mais qui parlait au cœur. La semence du classicisme français n'… Lire la suite
YIDDISH

Écrit par :  Rachel ERTELYitzhok NIBORSKI

Dans le chapitre "La diversification du théâtre yiddish au XIXe siècle"  : …  Theater, avec Joseph Latteiner (1853-1935) qui en composa quelque quatre-vingts. Pots-pourris de *mélodrames larmoyants et d'opérettes historiques, ces pièces ne tardèrent pas à être dénoncées par l'intelligentsia yiddish qui s'insurgeait contre cette vulgarité (shund) et prônait d'autres formes de théâtre au nom de sa mission d'Lire la suite

Afficher la liste complète (9 références)

Retour en haut

Voir aussi

Retour en haut

Accueil - Contact - À propos
Consulter les articles d'Encyclopædia Universalis : 0-9 A B C D E F G H I J K L M N O P Q R S T U V W X Y Z
Consulter les articles d'Encyclopædia Britannica.
© 2012, Encyclopædia Universalis France S.A. Tous droits de propriété industrielle et intellectuelle réservés.

chargement du média