L'une des figures bibliques les plus difficiles à cerner. Le mystère qui entoure Melchisédech explique le lot de spéculations qui jaillirent à son sujet durant de longs siècles, dans l'ancienne religion d'Israël d'abord, dans le judaïsme et le christianisme ensuite — phénomène qui se manifesta tant dans les courants orthodoxes que dans des traditions échappant aux régulations magistérielles.
Le nom de Melchisédech apparaît deux fois dans l'Ancien Testament. D'abord dans Gen., xiv, 18 : « Melchisédech, roi de Salem [c'est-à-dire Jérusalem, si l'on se fie au Psaume LXXVI, 2, qui emploie nettement Salem pour Jérusalem], apporta du pain et du vin ; il était prêtre de El Elyon [ces deux éléments, El et Elyon — réunis pour désigner le dieu suprême, El, selon l'une de ses variantes bibliques —, se rencontrent dans les documents de l'Orient ancien, en Phénicie et dans le panthéon ougaritique, comme appellations spécifiques de deux divinités]. » L'étymologie du mot (melek, « roi », et sedeq, « justice ») invite à le traduire : « Mon roi est justice », comme on le fait de cet autre nom d'un roi de Jérusalem, Adonisedech : « Mon seigneur est justice » (Juge […]
