6. Un rythme d'investissement soutenu malgré les aléas économiques et politiques
La crise asiatique de 1997 a ralenti la mise en œuvre du programme durant la première décennie, mais les investissements ont repris à un rythme soutenu dès que celle-ci a été surmontée. Entre 1992-1999 et 2000-2006, les investissements mobilisés par la B.A.D., au titre de la région du Grand Mékong, sont passés de 2,6 à 4,3 milliards de dollars. Le montant cumulé atteint donc 6,9 milliards ; il dépasse 10 milliards si on prend en compte l'ensemble des financements de la B.A.D. dans les six pays concernés. L'efficacité de la B.A.D. dans le montage des financements s'est accrue, puisque la part des apports sur ses fonds propres a baissé, entre les deux périodes, de 32 à 27 p. 100, alors que celles des autres bailleurs de fonds étrangers croissait de 26 à 48 p. 100, compensant largement la réduction de la contribution des pays partenaires due à la crise asiatique (de 42 à 25 p. 100).
Les investissements prévus pour la mise en place du développement intégré des trois ensembles de corridors sur la période 2005-2010 s'élèvent à 31,5 milliards de dollars selon le scénario le plus favorable incluant les projets ferroviaires. Sans ces derniers, le total atteindrait 18,3 milliards, avec un rythme de 3 milliards par an, ce qui suppose le maintien d'une croissance régionale rapide et d'une diversification des bailleurs de fonds étrangers. Un second scénario, représentant l'hypothèse basse, prend en compte un niveau d'investissement d'1 milliard de dollars par an. En effet, cinq pays de la région connaissent une dynamique économique ascendante, alors que la Thaïlande paie les conséquences de la crise politique, engagée depuis 2006, qui a aggravé une conjoncture économique déjà dégradée. L'évolution de la première économie de la région conditionne donc le rythme des investissements dans la région du Grand Mékong.
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