6. Droit à la santé par le médicament
L'homme moderne proclame son droit à la santé, dont le médicament est l'un des instruments. Il n'est pas d'acte médical qui ne soit accompagné aujourd'hui de la prescription de médicaments. On observe aussi la pratique de l'« automédication » avec ses dangers. Il existe des règles de « bon usage » du médicament.
Aussi assiste-t-on dans les pays évolués à un accroissement continu de la consommation pharmaceutique, en rapport avec l'élévation du niveau de vie, qui entraîne une prise de conscience sanitaire du public. Comme les thérapeutiques sont de plus en plus coûteuses, chez toutes les nations où les organismes officiels remboursent une partie des frais médico-pharmaceutiques et notamment en France, on parle d'une « surconsommation médicale » et de ses dangers pour l'économie du pays et cependant la sous-consomation de médicaments est dramatique dans beaucoup de pays en développement, chez lesquels les besoins sont particulièrement aigus, comme dans les régions intertropicales, ce qui pose le problème crucial de l’accès aux médicaments.
Jamais comme aujourd'hui les paradoxes qui caractérisent le monde du médicament n'étaient apparus aussi éclatants ; jamais non plus les multinationales pharmaceutiques n'avaient à ce point été mises en cause dans ce qui fait le fondement éthique de leur existence. C'est une nouvelle fois la pandémie de sida qui a joué ici un puissant rôle de révélateur des profondes et, depuis peu, insupportables contradictions de nos sociétés, incapables d'organiser la juste répartition et distribution des richesses thérapeutiques qu'elles produisent.
Dix ans après son apparition, le sida semblait encore être, au début des années 1990, une affection virale d'un genre nouveau face à laquelle on ne disposerait longtemps d'aucune parade médicamenteuse. C'était compter sans le dynamisme et la puissance de la recherche et du développement des principales multinationales pharmaceutiques qui avaient investi largement dans le […]
… pour nos abonnés, l'article se prolonge sur 14 pages…




